Les grands parents : des ajustements permanents

Pour traiter de ce sujet qui me tient à cœur, j’ai opté pour une technique qui a fait ses preuves : la dernière minute, le rush, la course contre la montre. J’ai eu beau tourner et retourner le problème dans tout les sens, avec du temps devant moi, impossible de parler simplement et clairement du rapport qui existe entre les petits-enfants, les enfants/parents et les parents/grands-parents. Voilà ma tentative.

Avant la naissance de notre premier fils, mes rapports avec mes parents étaient très tendus. Je vivais loin de chez eux, nous nous appelions très rarement, en général pour se faire des reproches. Au contraire, les choses allaient très bien avec mes beaux-parents, qui ne nous jugeaient pas, se faisaient toujours une fête de nous recevoir et nous encourageaient dans nos divers projets.

Pendant la grossesse, le bon gros bain d’hormones dans lequel je me trouvais m’a permis de dire à mes parents tout ce que j’avais sur le cœur. Nous avons eu une discussion houleuse comme jamais, et même si rien n’a vraiment changé, ils savent, je sais, les choses ont été dites.

Depuis la naissance de notre premier fils, nos rapports se sont complètement inversés. Mes parents se sont lancés à fond dans leur rôle de grands-parents. Ils se démènent et se mettent en quatre pour nous aider et passer un maximum de temps avec leurs petits-fils. Ils me sidèrent par leur disponibilité, leur patience, leur amour immense pour ces deux petits gars.

J’ai redécouvert mes parents depuis que je suis maman. J’ai compris le chemin qu’ils ont parcouru, j’ai compris comme les choses ont parfois pu être difficile pour eux, comme ils ont fait de leur mieux, en faisant bien évidemment des tas d’erreurs. Ils ont reconnu leurs erreurs, je pense que c’est cela qui nous a permis de nous retrouver autour de mes enfants.

Aujourd’hui, nous habitons à 30 minutes de chez eux, et j’aurais beaucoup de mal à me passer de leur présence, même si nous ne nous voyons qu’une à deux fois dans la semaine.

Et nous avons vécu l’extrême inverse avec mes beaux-parents, que nous croyions si bons et compréhensifs. Ils se sont révélés inquisiteurs, pesants, et ont parfois eu tendance à juger nos choix, qui sont bien différents des leurs. Aujourd’hui encore, nos rapports restent globalement mauvais. Nous n’avons pas suffisamment confiance en eux pour leur confier notre aîné, je ne parle même pas du cadet, parce qu’il est impossible de savoir comment les choses se passent chez eux. Ils ne nous disent pas la vérité, et c’est donc très difficile pour nous de leur faire confiance.

Nous avons plusieurs fois tenté de leur expliquer que nous voulions qu’ils nous disent ce qui se passe chez eux, mais ils n’y arrivent pas. Pour vous donner un exemple, quand l’aîné n’avait pas encore 3 ans, il était prévu qu’ils aillent faire un petit pique-nique pendant 2-3 heures à une vingtaine de kilomètres de là où nous habitions. Ils sont rentrés 6 heures plus tard, ils étaient allés à une fête avec des amis, à plus de 70 kilomètres. C’est-à-dire qu’ils m’ont sciemment menti lorsqu’ils sont passés chercher mon fils, et ont continué à me mentir quand je les ai eu au téléphone dans l’après-midi. À ce jour, ils ne comprennent pas le problème et me répondent ceci : « On est ses grands-parents, on peut faire ce qu’on veut ». Résultat : nous ne leur confions plus nos enfants

Je préfère des grands-parents imparfaits qui nous disent quelles sont leurs difficultés afin que nous cherchions des solutions ensemble, que des grands-parents apparemment parfaits, qui nous mentent de peur de ne plus voir leurs petits enfants

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